Le rapport d'activités 2019 est sorti !

Rapport d'activités complet : ICI

En 2019, les 3 centres de Luxembourg, Esch-sur-Alzette et Ettelbrück ont répondu à 33.532 demandes/contacts. Ils ont accueilli presque 3.200 client.e.s et formé et informé 4.910 personnes en santé affective et sexuelle.

Les consultations médicales, psychosociales et sexologiques ont progressé de 12%.

La prévention est un pilier majeur de l’activité du Planning Familial ; elle est présente dans presque 2/3 des RDV médicaux (dépistages et contraception) et dans toutes les séances d’information en santé affective et sexuelle.

 

Le Planning Familial vient de sortir son dernier rapport d’activités dans un contexte assez complexe, hors du commun. Ainhoa Achutegui, présidente du CA du Planning Familial, explique que la pandémie a un impact dévastateur sur l’accès aux structures de soins de santé et d’accompagnement psycho-social, sur les moyens de subsistance et sur le bien-être de chacun.e. La pandémie aggrave les inégalités chez les femmes ainsi que la discrimination chez d’autres groupes marginalisés comme les personnes handicapées, les personnes LGBTIQ+ et celles vivant dans une extrême pauvreté. Cette maladie risque clairement de porter atteinte aux droits fondamentaux, entre autres, ceux des femmes.

 

En période de confinement, les 3 centres du Planning Familial sont restés ouverts pour répondre aux demandes urgentes et demeurer à l’écoute des besoins de la population. Mais le confinement aura des conséquences à long terme sur la santé reproductive, affective et sexuelle de nos publics. Le Planning Familial sera là pour les accueillir et les accompagner !

 

Le Planning, c’est pour tout le monde, sans condition d’âge, ni de revenus.

Nous le répétons car nous entendons souvent que « c’est pour les jeunes ou les personnes qui n’ont pas de travail.

 

Aux quatre coins du pays, aux quatre coins du monde, les mouvements féministes se réveillent et grognent malgré la pandémie. Ce bouillonnement militant vibre également au Planning Familial. Aujourd’hui, il existe toujours de vraies inégalités entre femmes et hommes : rien que dans notre pays, les hommes gagnent 5% de plus, les femmes n’occupent que 23% des postes d’administratrices alors qu'elles représentent 39% des effectifs des entreprises ayant un conseil d'administration, la précarité au féminin gagne du terrain, par exemple, la personne de référence dans 82.7% des ménages monoparentaux est féminine, une femme passe en moyenne 19 heures par semaine à des tâches ménagères, un homme 8… Les parents passent en moyenne 28 heures par semaine à s’occuper de leur(s) enfant(s), avec de fortes différences selon le sexe : 35 pour les femmes et 21 pour les hommes.

 

Dans le cadre de la journée de la Femme du 8 mars, le Planning Familial avait également répondu présent à travers la plate-forme d'actions JIF. L’édition 2019 avait déjà posé un regard « inquiet » sur les professions dite du « care », activités majoritairement féminines dans nos sociétés. Cette réflexion a menée à l’organisation de la première grève des femmes en mars 2020, alors que nous n’avions pas encore perçu l’ampleur de la crise sanitaire…

 

Les femmes sont surreprésentées dans ces emplois qui se sont révélés essentiels lors du confinement : soins de santé, soins aux personnes âgées mais aussi aide à domicile, commerces alimentaires, nettoyage des établissements restés actifs, etc. Tout autant d’emplois cruciaux… des secteurs dépréciés et caractérisés par de plus bas salaires, la précarité et souvent, de mauvaises conditions de travail !

 

Que retenir pour 2019 ?

-          Notre victoire bien méritée concernant la réduction de la TVA qui passent de 17% à 3% sur les produits d’hygiène féminine et surtout l’annonce du remboursement de la contraception pour toutes, un combat que le Planning Familial poursuivait depuis plusieurs années ! Nous exhortons le Gouvernement à ne pas revenir en arrière sur cette promesse. Les femmes ne doivent pas payer le prix fort de la crise.

-          Nous avons travaillé à la modernisation de nos nouveaux statuts pour que notre objet social et notre fonctionnement coïncident avec l’ère du temps. Le Mouvement Luxembourgeois pour le Planning Familial et l'Education Sexuelle devient le Planning Familial.

-          Les réflexions sur l’accompagnement sexuel, entamées en 2018, ont abouti à une prise de position officielle en 2019. Dans la lignée de sa position sur la prostitution, le refus de la marchandisation du corps et de la domination masculine qui structure nos sociétés et nos façons de pensée, l’asbl s’oppose à l’assistance sexuelle mais en revanche est favorable à un accompagnement passif, sous certaines conditions. Le Planning Familial milite surtout pour faire changer notre regard sur les personnes en situation de handicap et leur sexualité.

-          Après 25 années passées au 12, rue de l’Alzette, le Planning d’Esch a pris un nouveau souffle, au 2-4, rue Ernie Reitz dans de grands locaux rénovés, lumineux et parfaitement équipés.

-          Le développement du site www.macontraception.lu

-          Le lancement de cafés-sexos, etc.

 

Le combat continue ! Nos revendications…

L’ADN du Planning étant ce qu’il est, nos efforts ne cesseront pas et nous allons continuer à plaider en faveur d’un meilleur accès à l’IVG en permettant à des médecins experts en échographie de pratiquer la 1ère échographie de grossesse, fief encore aujourd’hui des seul.e.s gynécologues, frein persistant dans notre législation qui empêche un accès fluide à l’IVG.

 

Nous allons aussi œuvrer à une meilleure prévention en matière d’abus sexuels dans les écoles

Nous ne cesserons pas non plus de réclamer la possibilité d’intervenir auprès des élèves du cycle 4 en fondamental sans la présence de leur enseignant.e afin de créer un espace d’intimité pour que leur liberté de parole puisse être totale, sans peur ni réserve.

 

Dans la même lignée et pour faire suite à nos revendications pré-électorales, nous réclamerons encore et toujours l’imprescriptibilité des crimes sexuels.

 

En 2019, plus de 50 % des victimes qui se sont adressées au Planning Familial avaient été abusées avant l’âge de 10 ans et 98,9% avant l’âge de 18 ans. Or, la loi actuelle de 2012 ne donne aux mineures que 10 ans après leur majorité pour pouvoir agir en justice.  C’est bien trop court !

En Europe et aux Etats-Unis, on trouve des législations bien plus protectrices des droits des victimes. Certaines rendent totalement imprescriptibles ce type de crime. Une évolution législative permettrait de sortir du déni et du silence face à la réalité cruelle que sont les abus sexuels, souvent profondément refoulés. Ce refoulement, plus puissant que le déni, permet à la victime de rester en vie, tout simplement. Il peut alors se passer plusieurs décennies avant que la victime ne se remémore les violences sexuelles qu’elle a endurées étant enfant !

 

A noter que les meilleures données de prévalence sur la violence sexuelle proviennent d’enquêtes en population (OMS). Les rapports de police et les études émanant du milieu hospitalier et d’associations comme la nôtre, constituent d’autres sources de données sur la violence sexuelle ; mais comme seule une faible proportion de cas sont signalés dans ces milieux, ils conduisent à des chiffres de prévalence sous-estimés.

Très peu de victimes adultes de violences sexuelles le signalent à la police. Les violences sexuelles existent à tout âge, dans tous les milieux, dans toutes les sphères, etc.

 

Comme chaque année, nous attirons donc l’attention sur le fait que ces statistiques ne reflètent hélas qu’une partie de l’iceberg. Dans ce domaine comme pour celui de la contraception, de l’avortement, des études d’envergure nationale font défaut pour évaluer sérieusement la situation.

Fichier(s) à télécharger